09.06.2007
Le changement ça a du bon. Ah bon.
Parce que je suis recroquevillée devant mon clavier et l'existence, genre la vie est pleine de mots qu'on ne comprend pas, comme gâchitude, oubligation, boulettthargie, dodocile et forcé, alcoollatéral en guise de dommage, et choisiveté en guise de "j'attends la suite", je vous donne rendez-vous chez la Schizo (qui va le devenir vraiment à force de se haïr) mais qui vous offrira d'autres vies que la pitoyable mienne.
http://folieabaldaquin.blogspot.com/.
PS : la schizo est rigolote, si si, vous allez voir ! Je n'y mets ni mes pas tenants, ni mes pas aboutissants.
19:08 Publié dans tiens donc | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.06.2007
Waitomodus operandi.
Week-end découverte aux Waitomo caves, à 2h30 au sud d’Auckland. Allez hop, on enfile les boots, les combinaisons, les gros shorts par-dessus les combinaisons (pour les protéger des frottements), les casques à lampes et c’est parti pour du rafting dans les grottes aux voutes étoilées de vers luisants et aux concrétions stalagmitiques !
C’est sublime, sportif , petit instant hors-temps et deux infos capitales (ben tiens!)

Les glow worms sont en fait des larves d’arachnides qui n’ont rien trouvé de mieux pour attirer leurs proies que de faire luire l’extrémité de leur... caca ! les insectes un peu bebêtes se dirigent vers ces étoiles qui luisent au plafond en pensant naïvement s’élancer vers le ciel, bam. Au lieu de s’envoler vers la liberté, ils se retrouvent englués, et notre larve les boulotte tranquillement, en réingurgitant son tube digestif ! Et après on trouve que manger du camembert avec du nutella c’est cra-cra!
L’état larvaire durant plusieurs mois, la pauvrette devenue grande quittera ses grottes pour trois petits jours de vie consacrés exclusivement à la reproduction (vu que l’adulte n’a ni bouche, ni estomac, c’est comme ça) et vivra donc d’amour et même pas d’eau fraîche; ça craint.
Deuxième info capitale : si vous avez une tendance à l’hypothermie (genre, il fait 13 degrés, j’ai trois pulls et je caille, nan mais t’as pas froid toi ? ben moi si), faut pas. Parce que l’eau est gelée. Mais bon, ça n’existe pas des p’tites natures comme ça ??!
10:50 Publié dans découverte NZ | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
01.06.2007
Allez zou, file aux zophis (tu verras, c'est pas loin)
Telle une philosophe émerite, je m'interroge continuellement sur le sens de la vie, de l'art, de l'histoire et de la rotation de l'eau dans l'hémisphère sud... tout ça tout ça. Si si. Bref, mon cerveau bubulle d'ébulition. Aujourd'hui, je me donne encore matière à disserter (c'est fou, j'peux pas m'en empêcher), et vous en fais profiter (bande de veinards) :
Je me demande pourquoi le lendemain d'une soirée bien arrosée, j'ai des points noirs dans les ailes du nez.
Question existentielle s'il en est, et réponse en béton, paf, les pieds dedans :
probablement parce qu'à boire comme une truie, mes pores se dilatent.
Je reste bien évidemment ouverte à toute explication plus plausible hein, je ne détiens pas la science universelle (Quoi, tu trouves toi ? naaan, arrête, tu me fais rougir.... Arrrrête j'te dis), mais célèbre avec un brio tout relatif le 102ème post de ce blog qui devrait prendre la sage décision de ne plus apporter de réponses débiles à des questions que personne ne se pose.
PS : deuxième giga-interrogation : les points noirs de lendemain de fiestouille sont-ils universels ?
15:52 Publié dans indispensables pensées du jour | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
30.05.2007
La Thaïlande, l'autre pays du fromage (?)
Sadi kaa !
Bonjour madame, j’ai mal aux yeux, ils ne voient plus.
Et Dame Nature nous réapprend à voir.
Bonjour madame, mon coeur se regarde le nombril, qu’il a sale de surcroit.
Et Dame Nature nous défibrile en douceur et le coeur se déverse en cascades bienfaisantes jusqu’au sources de l’âme, et ses grottes noires soudain s’embrasent sous les danses des lucioles : rien de tel que le voyage pour avec calme, remercier le monde, et Dame Nature qui semble avoir orchestré sa symphonie pour nous donner espoir : j’étais aux premières loges.
Un concert trop court, comme le sont tous les bonheurs, mais qui résonnera encore longtemps dans l’écho du souvenir, comme tous les voyages.
Mais il est des souvenirs qui ne cessent de damer le chemin du futur (allez, fonce la déblayeuse!)
Comme quoi les voyages ne forment pas que la jeunesse, ils n’ont aussi de cesse d’éclairer d’un nouveau jour les vieilles peaux (d’un éclatant bronzage doré, hummm, avec beaucoup d’après soleil hydratant !) trentenaires.
Deux semaines en thaïlande, en 5 tableaux. 200 baths pour le guide (meuh non, gratoche la visite, wah la chance) C’est même moi qui vous paye si vous allez jusqu’au bout ! Comme je ne suis pas (j’m flagelle, ouille) un guide touristique, je vais la jouer plutôt impressions (soleil levant, couchant, ou de midi, en tout cas, soleil qui tape : à Kho Tao, 40 à l’ombre... et y’a pas d’ombre !! + humide comme un slip dans un hamam, rien que ça)
KHAO LAK – TRYPTIQUE
Panneau de gauche
La pluie de mai abat ses cordes comme des couperets glacés sur la côte d’Andaman, à l’ouest de la Thaïlande. Le ciel est anthracite comme un manteau de croque-mort, la plage bien évidemment déserte, des rigoles en formation sur son sable ocre, la mer déchaîne ses vagues en rouleaux sur quelques rochers acérés.
Deux étrangers à cette terre déposent les armes face au temps et sandales et habits trempés au pied d’un arbre et se jettent dans l’écume comme des enfants. Jouent pendant plus d’une heure. Et rient, le sel dans les yeux, valdingués sous les vagues comme des corps impuissants, sautant par dessus comme des vivants, regardant la plage, regardant leurs affaires sous l’arbre, regardant les photos, les inscriptions, les mots d’amour éternels, les fleurs et les rubans qui décorent les troncs et les racines : en allemand pour la majorité, au pied de chaque arbre qui borde la longue plage, à ma femme et mon fils que j’aime, à elle, à lui, à eux, différents, tous les mêmes, et quelques textes en thaï. Khao Lak, province où le tsunami a frappé le plus durement en 2005. Et ses vestiges d’âmes. La reconstruction des établissements se poursuit, et dans chaque sourire thaï que je vois je ne peux m’empêcher de voir une tragédie. La vie. Et une chance. La vie.
Panneau du milieu
Elle s’appelle Brida (c’est moche non?), elle a 25 ans, une jeunette donc, et nous nous hissons sur son dos “ça va biquette, c’est pas trop lourd?”.
Les éléphants restent auprès de leur cornac pendant une 60aine d’années, puis partent en retraite (ils atteignent souvent les 80 ans). Depuis que l’abattage des arbres est interdit en Thaïlande, les besoins en éléphants domestiques ont fortement chutés, et les cornacs et leurs bêtes ne vivent presque plus que du tourisme. Nous ne sommes donc pas mécontents (euphémisme pour oim, for intérieur en pleine jouissance et sourire en double-banane) de profiter de cette “attraction” nationale (et mémorable) en contribuant à perpétrer cette tradition, pas mécontents non plus de poser pied à terre lorsqu’un groupe de 20 arrive ! Nous on était peinards, avec notre phanphan (bon, et le cornac, et le couple de suisse derrière, mais loin ! Donc quand même l’impression d’être Indiana Jones! Ta ta la taaaa... !) Les poils sur la tête de Brida sont rêches comme des aiguilles de pin, le bout de sa trompe est tout mou entre mes mains, sa démarche est sûre en terrain raviné, et on s’accroche, parce que faut pas croire, ça secoue ! Merci Brida pour le barrissement tonitruant qui résonne dans toute la forêt, bravo ma belle !
On en oublie un instant qu’on est touristes. Un instant...
Chapeau au cornac.
Le saviez-vous ? : le calvaire des pachydermes au chômage devient un problème national puisqu’ils sont de plus en plus nombreux à être négligés, maltraités, voire abandonnés par leurs propriétaires qui n’ont plus les moyens de s’en occuper. Par ailleurs, destruction des forêts et braconniers chasseurs d’ivoire mettent la population d’éléphants sauvages en péril. L’éléphant d’Asie fait maintenant officiellement partie des espèces en voie de diparition.
Et ça, le saviez-vous ? (moi j’savions pas) L’éléphant est un inégalable moyen de locomotion dans la jungle : avec ses grosses papattes il exerce moins de pression au cm2 qu’un cerf !! 4 roues motrices, et pas de destruction !
Panneau de droite
T’as vu, c’est happy hour ! 90 bahts le cocktail : soit grosso modo 2€. Nan, j’dis rien. Bon, on n’est pas rentrés très frais, après avoir fait les fous avec les raquettes à moustiques (l’arme ultime : une raquette, des fils, et de l’électricité : plus fort que super Timor et ‘achment écolo !), avec un couple en lune de miel, avec un baroudeur qui commençait le lendemain dans un centre pour aider à la reconstruction après le tsunami (y’a encore des choses à faire, on n’sait pas quoi, vu qu’il n’avait pas encore commencé)...
Et au retour, en zigzag, des lucioles devant le bungalow...
T’as bu ou quoi ??
Naaan, enfin oui, mais r’ga’d, c’est des vraies ! c’est bôôôôô... ronch pchhh...
Le saviez-vous? : qu’il soit à 90 baths ou 50 euros (où ça, j’sais pas, je n’fréquente pas ce genre d’établissements, mais à ce prix là c’est moitié coke-moitié caviar non?), monsieur cocktail (quand il est nombreux lui le bougre) fait un peu mal aux cheveux le lendemain quand même. Mais bon, que de saines vitamines avec le jus de mangue, d’ananas, d’orange etc ! Alors alors, vous l’saviez ??!
Bon, le lendemain, on s’est barrés, parce que mai sur la côte d’Andaman, ça flotte tout le temps... et tintin pour la plongée aux îles Similan (sublimes) avec raies manta et tout le tintoin, c’est la fin de saison, les bateaux ne partent plus, et la majorité de la réserve naturelle est fermée.
Vulgaire, je dirais “merde”. Classe comme je suis, je dis “crottiche”.
Hop, direction Surat Thani, bateau pour Kho Phan Ngan, puis Kho Thao, 8 jours, 15 plongées, tableaux suivants ! Si vous voulez bien me suivre... (hep toi là-bas, tu crois que j’te vois pas faire marche arrière?!)
KHO TAO
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, une fois n’est pas coutume, je vais vous faire un p’tit poème :
Kho tao, c’est beau.
A Kho tao, il fait chaud.
Je vous laisse gérer votre émotion, prenez votre temps, respirez bien fort... voilà.
Kho tao, petite île (Kho=ïle) (attention, la photo, c'est pas Kho Tao... je sais c'est nul) dans le golfe de Thaïlande, mer de Chine méridionale, paradis des plongeurs (bon, nous pas trop de bol, because pas la meilleure saison pour la visibilité (qui se trouve entre octobre et décembre) qui viennent y faire des formations à des prix sympatoches, le décor en prime. Allez, j’suis sympa, je fais un gros gros tri et sélectionne pour vous seulement deux tableaux, parce que je sais que vous avez autre chose à faire. Ouais, j’ai une boule de cristal.
Tableau 1 (à la Breugel, hein, faut r’garder partout)
Il est 7 heures du matin. Première plongée à Chumpon Pinacle. En bas, un requin (pointe noire)! À ses côtés, un autre (gris cette fois-ci)... ça commence plutôt sur les chapeaux de nageoires ce tableau !
((attention, la photo, c'est un pointe blanche, pas noire... je sais c'est de nouveau nul)
C’est vrai que la visi n’est pas à son top, mais de tous (bon, pas 36 non plus) les endroits où j’ai eu l’occasion de plonger (Martinique, Cuba, Egypte, Vanuatu, Nouvelle-Zélande) jamais ô grand jamais je n’ai vu autant de poissons (des bancs enormes de barracudas, de platax, etc) et si gros (mérou de plus d’1,80m, anges obèses, papillons idem) un vrai régal ! Poissons scorpions à qui mieux mieux, un serpent de mer (y't'mord, t'es mort), des labres nettoyeurs nous cleanant les p’tites croûtes (hé toi, tu t’y crois ou quoi?), un poulpe juvénile de quelques centimètres, des remoras (si si, ce poisson ventouse des mers chaudes et tempérées, mauvais nageur, qui profite du trajet d'autres poissons ou de cétacés qu’il débarrasse de leurs parasites) dont une qui s’est collée sous moi et m’a accompagnée quelques minutes (moi baleine ? Moi requin??)
Des sting raies (et pas des raies en string, que vous avez l’esprit mal-placé) en veux-tu en voilà, balistes gigantesques, bancs de calamars et de barraccudas, 3 tortues (verte, imbriquée, dont une avec 2 remoras sous elle), et j’en oublie...
Bref, que du bonheur sous-marin, et une plongée de nuit sublime. Les nerfs qui se calment, le sourire qui reste, les yeux perdus dans le vague, sur le bateau, à rêver... A rêver à rien, juste en semblant passer dans une dimension parallèle d’apaisement et de confiance.
(photos empruntées à ce fabuleux site http://perso.orange.fr/pnoel/index_US.html)
Tableau 2 (très intimiste)
Il est 7 heures du matin, (ouais, je sais, il est souvent 7h du mat) la plongée a été annulée et je lis sur la plage, Sairhee Beach, seule. Il n’y a rien qu’un soufle d’air, de petites vaguelettes qui s’échouent, et le soleil qui finit de sortir de son lit en repoussant l’ombre des arbres. Je me sens calme, heureuse autant que possible, et détachée. Un moine bouddhiste s’appoche au loin, silhouette ocre orangé aux pans flottant légèrement sur les sandales. Du restaurant derrière moi surgit un serveur thaï qui s’agenouille devant le moine, les mains jointes et la nuque courbée, avant de lui donner de la nourriture. La scène est simple, en cette jolie matinée, et je la regarde avec les yeux qui sourient.
Jusqu’à ce que, le serveur s’éloignant, le moine pose son regard dans le mien.
Quelques secondes.
Ce vieux moine.
Qui marche tout doucement sur cette plage comme dans la vie. Avec humilité. Avec confiance. Avec amour.
Ce n’était pas qu’un regard.
Je ne sais pas ce qui s’est passé. Il a suffit de quelques secondes. Il s’est éloigné, et sans cesser de sourire, un flot de larmes a coulé sur mes joues, comme les restes d’un mauvais festin qui restait dans mon coeur. Tout est parti. Et les larmes elles aussi ont cessé dans un grand soupir.
Tranquillement, j’ai continué ma lecture.
Ah le chamboule-tout de l’innatendu.
Départ pour Chumpon en bateau, puis 10 heures de bus pour Bangkok. Arrivée 3 h du mat, on prend une piaule (4 murs, un lit, celle de Carlyle dans The Beach, dans la même rue Khao San) pour poser les affaires, dodo de 4 heures et deux temples avant de prendre l’avion.
Bangkok, on avait décidé de ne pas s’y attarder. Plus tard peut-être...
BANGKOK- Grand Palais, Wat Pho, le marché aux amulettes
Le grand Palais et ses temples s’étale sur 218000 m2 de merveilles, avec en son centre le monastère royal Wat Phra Kaew du Bouddha d’émeraude, 56 cm de ferveur, découvert en 1434 à Chiang Rai, recouvert de platre et perdu puis retrouvé... Mesdame messieurs, il est en jade, et non en émeraude, on nous aura trompé !
Et le Wat Pho et son bouddha couché, recouvert d’or, 46 m de long et la tête culminant à 15 m, et qui offre en prime la plus belle collection de bouddhas de Thaïlande.
Il fut aussi le premier centre d’éducation publique, mais... si vous voulez avoir des explications (brèves mais toutes plus croustillantes les unes que les autres, ah ben si ! ) et des photos sensationnelles, exceptionnelles, rien qu'ça, du plus grand photographe moderne (mézigue), allez zieuter dans l’album Thaïlande, à gauche...
Moi j’dis ça, j’dis rien, mais j’insiste un chouille...
J’implore...
Me jette à genoux...
Dans les braises...
Nue..
ça marche pas ? Vous avez déjà été là-bas ? J’vous emmerde avec mes sublimissimes photos de voyage que c’était joli quand même ? Zut...
Bientôt une nouvelle chez la schizo (http://folieabaldaquin.blogspot.com/), sur... les bordels de Bangkok. Ou pas, on verra.
PS : .. et le massage thaï, bien sûr, puis le massage des pieds, parce qu'on en veut encore. La femme appuie sur quelques points "stratégiques" des orteils et de la voute plantaire. Un seul point fait mal, mais alors maaal, ouilllle : au bout du pouce. En sortant, après un coup d'oeil sur les parties du corps représentées dans le pied... quelle surprise : le pouce est le siège du cerveau.
Y'a pas de hasard !
Et merde.
22:40 Publié dans voyages (pas NZ) | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
13.05.2007
Gestionnaire d'absence du blog
Mon amour (waouhhh) et moi décollons dans 4 heures direction Thaïlande, donc "a pu'd'blog" jusquà début juin.
A notre retour, des photos de nos fesses (normal), des paysages thaïlandais (avec nos fesses cachées dedans à la "Trouvez Charlie", normal aussi), bref un compte-rendu potache et plus si affinités !!
A bientôt...
(Le moment fatidique approche : le "la vache est-ce que j'ai bien pris la brosse à dent et le bikini en fourrure ??? Flûte... Chérrrriiiii ! faut qu'on déballe tout !!!". Même pas vrai, j'suis pas comme ça, plutôt à savoir ce que j'ai oublié et à dire tant pis. Un truc sûr, la sac à dos est rempli de bonheur, on n'risque pas de tomber en rade ;)
08:43 Publié dans tiens donc | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
06.05.2007
Parlez-moi d'souffrance
Quand sait-on avec certitude que c’est de la dépression et pas un p’tit coup d’mou qui dure plus que d’hab? Elle est où la ligne ?
Quand le temps passé à pleurer ou hurler de l’intérieur dépasse celui des instants neutres ? Quand le chiot dans la rue ne fait plus sourire et que le rire de cet enfant à la télé nous fait éclater en sanglots ? Quand on en vient à détourner la tête devant des couples heureux ? Quand on voit systématiquement tous les jours la cuvette des chiottes, son eau bleue et ses petits morceaux des repas de la veille encore collés à la faïence ? Ou tous les jours celles des restos du midi ? Quand on commence à vomir même de la salade ? Quand on a mal même sous notre peau comme quelquechose qui grouille et qu’on voudrait arracher ? Quand on compte les minutes où l’on n'a pas pleuré comme une victoire, comme une p’tite bougie dans le tunnel, et que merde, ça faisait 17 minutes, et rebelotte ? Quand on n’arrête pas d’avaler et d’avaler de la morve parce que quand on pleure, c’est comme ça, sans mouchoir sous la main, c’est pas glamour, y’a que dans les films qu’on pleure avec beauté ? Quand on crève d’envie qu’on soit lundi, au boulot qu’on hait, juste parce que le cul sur une chaise on sait que ça nous fera passer le temps, et qu’on n’aura pas le choix ? Quand au boulot on va plus souvent qu’à son tour sangloter calmement aux toilettes? Ou alors c’est quand on se sent coupable de chialer et qu’on chiale de plus belle? Quand on perd la lucidité sur la vie ? Quand on se raccroche à un tout petit quotidien : je me lève, le chat se roule par terre, je lui fais des calins, je me dirige vers la fenêtre pour ouvrir les rideaux et comme toujours, le chat se dirige vers la fenêtre et se fait les griffes sur le griffoir près des rideaux en ronronnant pendant que je laisse entrer le soleil ou les nuages dans le salon, avant de lui donner à manger, un autre "j'te gratte le ventre c'est tellement doux" aux toilettes, un petit miaulement affectueux, ses yeux de jade dans les miens et dans un dernier câlin elle s’en va pour sa journée, et je m’en vais pour la mienne, sa clochette glinglinguant derrière moi jusquà la voiture? Comme un vieux couple, ce petit chat et moi. Ou alors quand on ne sait plus relativiser ?
Quand on reste persuadé qu’il y avait une chance pour que ce ne soit pas ça ?
Quand on vient à maudire ce petit chat qui est le seul à être là?
Quand on SAIT qu’on doit rester ici, sans lui, notre amour, jusqu’au mois M, pour que toute la vie soit changée après, mais qu’on ne SAIT PAS si on y arrivera ? Comment savoir quelle douleur supporter avant d’être en overdose ? Comment savoir à quel point on est courageux ? Y’a des tests pour ça ? Genre : une coccinelle se pose sur ton doigt, que penses-tu :
A - wah, cool, en plus elle a 7 points, ce qui est inhabituel
B- elle va monter sur mon doigt et s’envoiler wah, que c’est beau la liberté
ou C- tu fonds en larmes.
Plus de C, apparemment, tu es déprimée (Ah bon??)
Sur internet je tape es-tu courageuse.com, vas-tu-t’en-sortir.com, ou les-solutions-quand-ça-va mal.com ??? Google, gloire à toi, tu vas m’trouver tout ça ? Tu vas me trouver the-machine-à-remonter-le-temps.com ? et hop, dare dare, je sais exactement à quel moment je vais revenir ? Et rien de tout cela n’arrivera ?
Elle est où la limite entre le coup d’blues et la merde totale ?
Pas mal de gens disent, c’est déjà une victoire de nommer son problème. Bonjour, je m’appelle machin et je suis sex-addict (ah bon, et euh, t’as une grosse b... ? oh pardon, c’est juste au cas où), drug-addict, alcohol-addict ?
Ok, bonjour, je m’appelle E. et je suis despair-addict. And so what ?
Je l’ai nommé le problème, et ce n’est pas la première fois croyez-moi je suis une fidèle de ce genre de religion, et je fais mes ablutions au vin et tout le tintoin.
Mais tu as le choix, on va me dire. Ouais, je sais. Je l’ai fait le choix. Je vais rester là et ne pas passer l’arme à gauche bêtement, c’est bon, rassure-toi, y’aura pas une dépressive de moins sur terre. J’ai fait le choix d’attendre. Pour une athée crois-moi, ça s’appelle la foi. Le temps qui répare tout et tout le tralala d’après la pluie (si longue), le beau temps (si fugace).
J’ai fait le choix des toutes toutes minuscules victoires genre vas tremper tes pieds dans l’eau, ouh, c’est froid et revigorant : bilan, larmes, avec le joli soleil en prime sur le pacifique.
Ou genre : fais ton ménage, une maison rangée est une tête rangée : bilan, larmes.
Pense à tes vacances, dans 7 jours exactement, Thaïlande, plongée, lui, bilan, larmes.
Pense à lui qui va arriver dans 5 jours (et repartir dans 35). Bilan, larmes.
Prends une longue douche tant pis pour le gaspillage, fais-toi un masque visage vitaminé/gommage/teint éclatant, bilan : larmes.
Fais du yoga dans ton petit jardin, respire, détends tes articulations, bilan : larmes.
Pense que tant pis pour le yoga, il fait super beau, bilan : larmes
Regarde Luna ton petit chat comme elle est top et qu’elle semble avoir confiance en toi (ouais, je comprends le langage chat), bilan : larmes.
Fais toi du miam-miam manger que tu aimes : poisson, légumes et pommes-de-terre, bilan, poubelle.
Commande du pas miam miam manger Pizza Hut : bilan poubelle.
Mange maintenant : bilan, donne à manger à tes toilettes.
Pense à lui il va te donner du courage : bilan, larmes.
Pense à ceux qui t’aiment, bilan, larmes.
Regarde cette mésange sur ton oranger, tu ne savais même pas qu’il y avait des mésanges en NZ, larmes, écoute ce grand-père qui n’est pas le tien, larmes, larmes, larmes, vote, bien sûr, à gauche, et prie en tant qu’athée, prie les gens, de ne pas vouloir offrir le pire à la France. Prie pour ne pas être française. Larmes.
Pense à Max. Non, ça c’est une grave erreur, ne pense pas à Max. Larmes. Si, pense à lui et implore-le de te pardonner.
Pense à écrire, bilan : larmes.
Pense à chanter, larmes.
Pense à rire. C’est quoi ? Larmes.
Pense à dormir. Comment ? Larmes
Pense à rêver. Non. Larmes.
Pense à tenir. Oui. Larmes.
Et quand y’en n’a plus y’en a encore. C’est une source qui ne tarit jamais.
Pense au moment où tout ça ne sera plus qu’un mauvais souvenir.... Mais c’est quand ? Je tiendrai ou pas ? 3615 oracle-mon-cul ?
Ce blog est en dérangement et compte sur les vacances de son auteur pour se reconstruire.
En attendant, plein de bonnes choses à vous.
14:46 Publié dans digressions | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
28.04.2007
De l'origine des expressions (ou comment prouver que ce blog est un indispensable outil de culture. Genre tracteur, ou moissonneuse-batteuse)
Mon cher confrère et néanmoins ami Léopold-Childebert le toujours aussi bien nommé et moi lunchions gaiement en ce samedi midi. Le soleil, de plomb, s’abattait sur notre peau comme une enclume en fusion, et l’océan pacifique clapotait une musique fraîche, quand Léo-Child me demanda : “D’où c’est-y qu’ça vient, l’expression avoir un verre dans l’nez ?”.
Je me gaussai, et répondit “Que tu parles mal mon pauvre ami. Mais ta question n’est pas dénuée d’intérêt.”
A cet instant précis, ou j’avoue à mes parents que je ne suis pas leur fille mais celle de Nadine de Rothschild, ou je sors le balai de ma particule. Deuxième option.
Donc, avoir un verre dans le nez... on se perd en conjectures.
- Parce que quand on boit trop, on ne sait plus où est sa bouche, et on verse le contenu du verre dans notre nez ? Ce qui, rappelons le, n’est pas franchement malin, d’autant plus qu’on sait pertinemment que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé ET la classe. À part peut-être pour Alain Chabat dans la Cité de la Peur. Ou pour Paul Newman dans La Chatte sur un Toit brûlant.
- Parce qu’on pique du nez dans le verre quand on est pompette ?
“Tiens, hey, r’garde, Truc il a l’nez dans l’verre!”
“Non, je dirais plutôt qu’il a le verre dans le nez !”
“Ha ha ha, quel esprit !”.
- Parce que l’odorat est aussi le siège de l’arôme et que Machin a dit un jour de tel fameux oenologue “Lui, il a le verre dans le nez” en guise de respect ?
- Parce que quand on a trop bu, on pouffe sans raison, et parfois, la boisson remonte par le nez, berk, c'est crado sur le comptoir ou la nappe?
- Ou parce que quand on a trop bu, on vomit (si si, ça arrive, même à des gens très bien) et que parfois, rarement heureusement, on vomit aussi par le nez? Berk, ça c'est vraiment dégueu.
- Peut-être bien qu’après quelques heures de lever de coude, certains sont plus enclins à lancer le poing. “Oups, aille, t’es con, tu m’as cassé le verre dans le nez” de là à “il a un verre dans le nez”, il n’y a qu’un pas, incertain et titubant.
- Ou alors l’expression est venue de deux pêcheurs du dimanche qui taquinaient la truite plus pour échapper à leur femme, et s’en jetaient un (des) p’tit(s) pour fêter l’occas, quand l’un d’eux lança si maladroitement sa ligne que l’hameçon vint se ficher dans sa narine, le ver lui sortant du nez comme les jours de grand froid ? “Hé hé, t’as l’ver dans l’nez coco!” “Arrête de déconner ça fait maaaaal”. De là, “ver”, “verre”, tout cela étant bien entendu lié, il n’y a qu’un pas aussi.
- L’origine de cette expression est-elle plus poétique ? Au XVIIIème siècle, deux gentilshommes parlaient, l’un demandant fort courtoisement à l’autre, qui pissait le sang, le blair de traviole :
“Mais enfin, se peut-il, que d’un combat, Seigneur,
Vous ne soyez donc pas sorti en grand vainqueur?” (slurp, slurp, j’te lèche les bottes, en fait t’es qu’un nul, je te l’ai dit mille fois de travailler ta garde. Tafiole.) Lequel répondit, le regard fier :
“Le vilain n’était pas un, mais cent.
Enragés comme des diables, rusés comme des serpents
Et ivres! Oui Monsieur, lâches et avinés,
Il m’ont pris à revers, pof, dans le nez.”
“revers dans le nez”... “re-verre dans le nez”, hop hop, amalgame, 20 ans après, l’expression est faite.
Alors, d’où que ça vient-il donc en vrai de vrai ???
Hop, SOS google.
Dire qu'une personne a "un verre dans le nez" correspond à dire que celle-ci est ivre (ah booon?? Vous voyez, on n’était pas loin quand même).
L'expression utilise le "verre" comme représentation des effets de l'alcool, et le "nez" est le signe visible physiquement. Ainsi, elle évoque la montée de l'alcool sur le nez qui, par stéréotype, devient rouge lorsque l'on a trop bu.
Ah. Zut. Z’avions pas pensé à ça.
(vous noterez que deux posts pour un même samedi, ça sent l'ennui... C'est parce que dans 12 jours...gna gna... alors ça passe pas vite le temps de... RETENEZ-MOI, OU MA LANGUE VA FOURCHER !)
16:00 Publié dans tiens donc | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Indispensables astuces et autres pensées hyper-méga-utiles.
Parce que je n’ai pas pour habitude de vous raconter ma vie - pas mon genre! - et que je préfère TOUJOURS partager avec vous quelques pensées philosophiques ou algorythmiques plutôt que des détails quotidiens, cette fois-ci encore, je vais vous servir une note qui mériterait de figurer dans tous les guides de survie. Y’a qu’a voir le titre pour être convaincu.
...
Ahhh ah, et vous voilà tombés dans un immonde traquenard que seule une ruse digne du diabolique frère jumeau d’Ulysse eut pû mettre au point.
En vrai, il est 7h du mat, samedi, au comptoir de ma maison, et y’a pas foule, donc je papote avec le clavier*, en buvant des thés (“C’est l’patron qui régale !” “Ouah, trop sympa ce p’tit troquet”) et en me faisant bouffer la jambe par un moustique que j’ai épargné hier, en regardant ses antennes pour déterminer s’il était femelle (qui pique, vlan dans ta face) ou mâle (qui pique pas, t’as du bol frérot). Celui-là devait être trans parce qu’il ne m’a pas loupée. Mais un peu comme un drogué qui fait une OD, ça a été la dernière piquouze de sa vie.
(Warning : ceux qui me connaissent un tout petit peu sauront que ce texte risque de trainer en longueur. Il est encore temps de détourner la tête en sifflotant et de passer son chemin.)
Allez, PREMIERE ASTUCE OU REFLEXION qui, à défaut de vous sauver la vie, fera de vous un émérite comportementaliste félin.
Ne jamais ô grand jamais croire que le petit chat reste toute la journée à roupiller sur vous et à ne pas vous lacher d’une papatte pour vous épauler dans la maladie. Genre : “Elle est trop mimi, j’suis malade et elle reste avec moi, alors qu’il fait un temps splendide... C’est dingue. “
Non.
Que croire alors ? Que faire ?
Mesdames Messieurs c’est on ne peut plus simple : jetez de nouveau un coup d’oeil aux portions indiquées sur cette nouvelle nourriture pour chat (whiskas, en sachet) hyper pratique que vous avez découvert la semaine dernière. Et rendez-vous compte que vous avez depuis 6 jours fait une légère erreur de calcul nbre de sachets/jour par rapport à poids de la bête. “Oups, merde ! euh, Luna ? viens manger ma puce !!”
C’est 4 sachets/jours et non pas 2 qui assureront l’équilibre, et la survie, de votre animal favori. D’ailleurs, ce matin, finie l’apathie, elle s’est précipitée dehors.
“Mais euh, Lunaaaaaa, j’suis encore un ch’ti peu malaaaade, atchoum, tu vois ?”
Que retenir de tout ceci (pour que le titre ne soit pas une innommable farce quand même) ?
“Manger, c’est la santé”.
Et pof.
SECONDE ASTUCE OU CONSEIL, appelez-ça comme vous voulez, même saucisse de Toulouse ou choucroute...
Ne pas regarder Le Pianiste de Roman Polanski après avoir lu Les Bienveillantes, de Littell.
Ah, pourquoi ?
Parce que du coup c’est un peu fade, un peu trop lisse, la reflexion est un peu absente, la narration un peu classique, bref, déception. (je mets des “un peu” pour édulcorer mon propos, parce que je n’ai pas vraiment les coucougnettes de donner mon avis, mais j’ai trouvé ça un peu bof. Voire beaucoup bof.)
Et, surtout, ne jamais regarder un film en s’affalant confortablement dans son sofa et en se disant avec confiance : Palme d’or 2002. Non, non, et non. Dites-vous que c’est juste un film, sinon, vous risquez d’être déçu. En tant que film : “J’ai vu le Pianiste. Bien.” En tant que palme d’or, best screenplay, best actor, best director, je dis “J’ai vu le Pianiste. Archi nul pour une palme d’or ! C’est honteux !” La Vie est belle ! La Liste de Schindler ! Oui ! Le Pianiste, non. A part que j’aime bien entendre du Chopin.
D’ailleurs, ne jamais être le dernier à voir un film que la planète encense. C’est le même principe : on l’a fantasmé, et on tombe donc du haut de nos espérances pour se fracasser contre le bitume, ou une crotte de chien, quand on est Parisien : Million Dollar baby ? mouaif... bof... Finalement, c’est la-faute-aux-gens, il m’ont gââââché mon plaisir !
TROISIEME PETIT SALÉ AUX LENTILLES
Et alors là Mesdames et Messieurs, je vous donne THE truc, LA clef du bonheur, LA recette de la félicité. Comme quoi je n’suis pas pingre, et je sais partager.
Toujours transformer 12 en plus, en “mois” ou en “dans pas trop longtemps”. Vous allez me dire, c’est un peu chiant dans les additions (ou tout autre opération mathématique) et je vous le concèderai. Mais en ce qui concerne un compte à rebours, et croyez-moi, je m’y connais, c’est l’astuce ultime.
Après plus de 4 mois de séparation géographique, mon amour arrive dans 12 jours. 12 jours. Et c’est parti, les minutes comme des heures et les jours comme des éternités. Plus les rêves un peu débilos : par exemple, cette nuit, j’ai accosté sur une grande île paradisiaque peuplée de bombasses pas farouches étalant tranquillement leur popotin au soleil et se massant les seins avec de l’huile solaire et un léger sourire de garce gourmande. Franchement, je n’ai rien contre. Jusque là, le rêve est plutôt normal. Sauf que quelques hanches et bikinis plus tard, je découvre mon Nico, en slop, décontracté, qui m’explique gentiment qu’il a ce nouveau job (je n’en sais pas plus) et que donc il ne viendra pas dans 12 jours, mais dans 19 mois. Mais bon, il me rassure : -“Panique pas Estelle, je suis le seul mec sur l’île mais nous deux, c’est basé sur la confiance”
RRRRRHHHHHHHHÂÂÂÂÂÂÂÂÂÂ !!!! Respire, va faire pipi, ce n’était qu’un rêve.
Zen.
Donc non aux chiffres, c’est l’horreur, le temps nous rend fou !
Donc maintenant, à la question que ma tête pose à ma tête, ma tête répond : “Dans combien de jours il arrive ?? ben, j’en sais rien moi, t’en poses des questions !”
Hop, easy la balayette.
(PS : si vous êtes tombés dans le panneau, je vous remets sur les rails : ça-ne-mar-che-pas, bien évidemment. mais, ça vaut le coup d’essayer)
Alors ? Quid de ces petites astuces vitales ?
Arrête, foule en délire, ne me remercie pas, c’est un plaisir de sauver ta life par anticipation !
* Vous vous dîtes que je pourrais sans doute papoter avec le clavier sans vous faire part de nos discussions de comptoir. Mais moi quand je dis des bêtises, j'aime bien qu'on les entende ;)
10:05 Publié dans indispensables pensées du jour | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
25.04.2007
French toast et culture nz
Ici, le 25 avril est férié.
On bosse jamais donc !!!!??? me direz-vous, ce qui ne serait pas tout à fait faux, ni tout à fait vrai. Aujourd’hui, c’est Anzac day.
Anzac, anzac... un parent proche du prozac ?
Nenni. Anzac en acronyme de Australian and New Zealand Army Corps.
Waaahhh.
Ouais, je sais, ça en jette.
Mesdames, Messieurs suivez moi dans la machine à remonter le temps, attention à la marche, attachez vos ceintures et prenez un verre de Champomi, c’est parti.
Nous sommes en 1915 (souvenons-nous qu’une certaine guerre a commencé l’année dernière. Oups, ça craint ? Pas d’inquiétude, c’est pour ça qu’on vous a servi du Champomi, on pense à tout chez Tételle-Time-Cruises©). Dans le détroit des Dardanelles, et plus précisément à la pointe sud-est de la presqu’île de Gallipoli, qui profite de ce joli temps de fin d’avril. Madame T. étend son linge un peu plus loin tandis que le p’tit dernier se dit qu’heureusement que les oiseaux ne pèsent pas quatre tonnes quand il reçoit un éclat de fiente sur la main. Ou pas.
Et là, les troupes australiennes et néo-zélandaises (qui comprennent aussi des hommes de Samoa, des Cook Islands, bref, des petites îles du Pacifiques ralliées dans la joie et la bonne humeur depuis longtemps à l’Empire Britannique) débarquent, le but étant de contrôler la mer de Marmara et d’éliminer l’Empire Ottoman de la guerre, sur une idée (dès la fin 1914) de l’homme aux gros cigares humm ça sent bon et aux phrases d’anthologies hummm ça s’écoute bien, j’ai nommé Winston Churchill.
Le plan : attaquer le détroit afin d’ouvrir la route vers Istanbul (probablement pour manger ces p’tites patisseries aussi bonnes en bouche qu’elles sont mauvaises pour la ligne). L’expédition alliée en Turquie, depuis le 19 février, patauge dans la semoule et les kébabs (un certain officier turc nommé Mustafa Kémal ayant pris un malin plaisir à miner les eaux et fortifier les rivages). Bref, tout ça traine un peu, bombardements, dommages, pertes humaines et matérielles etc. La guerre quoi.
Et le 25 avril, la bataille à Galipolli fait rage, même que le général britannique Hamilton appelle au secours des troupes françaises qui n'étaient pas trop trop loin sur une côte asiatique devant les pertes extrêmement sévères que subissent les britanniques.
100 000 hommes des ANZAC périrent dans cette bataille dont on commémore ici en océanie le 92 ème anniversaire.
Des vétérans de la première guerre mondiale, il n’y en a plus en océanie. Mais le nombre d’hommes et de femmes venant ce jour là leur rendre hommage ne cesse de grossir. Comme si le respect aux soldats grandissait à mesure que le souvenir s’éloigne.
Par ici la sortie ! Attention à la marche, hein, elle n’a pas changé de place et prière de mettre vos verres en plastique dans la poubelle prévue à cet effet.
Bon retour en 2007.
« Cool, y’a moins de morts de nos jours ! » dit cette fillette en partant.
Je lui caresse les cheveux en chuchotant « Peut-être ma puce. Peut-être.»
PS : T’as été voir les commémorations ?
Nan, j’étais trop crevée, j’ai fait la grasse mat.
Ah.Tu fais quoi c't'aprèm ?
Je participe à une compet de billard.
Ah bon, t'es bonne ?
Nan, mais mon pote Muzza lui il est pas mauvais, et j'ai mis bottes et tout' p'tite jupette.
Quel rapport ?
Ben, ça ne me rend pas meilleure, mais bizarrement ça rend les autres moins bons !!!
T'es vraiment qu'une branleuse !
Ouep.
12:25 Publié dans découverte NZ | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
24.04.2007
Gare aux cochons d'Inde.
Alors voilà. J’ai tout vu (en flou), tout entendu (ou presque).
Elle, un soir, dans un bled, à 36°52' de latitude Sud et 174°45' de longitude Est :
-« Je n’ai rien d’autre à dire que ciao. Ciao parce que ça ne marche plus. Ciao parce que là maintenant, c’est ou l’exacto, ou le sommeil. Et je n’aurai pas le sommeil.
Ciao parce que je vis les moments de joie avec la gaîté d’un moribond. Ciao bizarrement parce que je ne pensais jamais arriver de nouveau à un tel point de désarroi et de désespoir.
Ciao parce que je veux le voir, le mec à l’entrée, tout rouge ou tout noir, que je suis complètement ivre la main sur la bouteille et le coeur qui appelle le boucher et le cutter qui va dérailler comme un wagon non fumeur. Pas ciao à toi, mais ciao à tout le reste »
En vrai, quand le téléphone sonne, ce qu’elle dit doit-être un peu inaudible : elle pleure elle hurle elle sanglote elle est ivre et ça va pas mais alors pas du tout, du genre :
- « oinhh le cochon d’Inde a mis ses papattes dans la prise et maintenant y’a un black-out dans toute la ville et j’retrouve plus ma chaussette noire, tu sais, ma soquette fétiche, la vie s’écroule j’en peux up, c’est trop dur. »
Lui, au téléphone aussi, dans un village, à 23° 8’ N et 82° 23’ W, est juste parfait.
De l’autre bout du monde il te la rattrape par le bras « hop hop hop accroche-toi, j’te la retrouve ta chaussette ma biquette, le hamster... »
- « maiiiiis euh, snif, c’est pas un hamster !!!... »
- « ... ok, le cochon de New Delhi je te lui joue Docteur Benton 3 grammes d’adré en ivé flash, et on le choque !, enfin, peut-être juste 1 g pour un hams...cochon d’Inde, c’est une p’tite bête quand même, et j’allume deux milliards de bougies pour éclairer la ville. »
- « Ah ouais, snif, sniurp, tu fais ça toi ?? c’est cooool...»
Waaaah, il est fort quand même. (euphémisme : c'est le meilleur du monde, et de loin)
Et il est convaincant, avec sa voix calme et douce et qui berce une enfant, et qui l’enrobe sans la forcer d’une camisole d’amour.
Lui, le lendemain, la rappelle pour venir aux nouvelles : « Alors le hamster, les chaussettes ? »
(Grrr, co-chon-dinde.)
Elle s’excuse « oui, ça va mieux, pardon, désolée pour hier » comme si elle demandait pardon pour toute sa vie mais sans le dire. Elle pense un merci qui porte comme un phare et dit juste ce petit mot qui gonfle son p'tit torse de lettres lorsqu'on l'entend : merci.
Elle, il lui aurait dit « pardon, désolé, en plus il était tard, désolé de t’avoir ennuyée » elle aurait probablement juste répondu « Mais t’inquiète bonhomme, y’a pas d’lézard ! Contente que tu ailles mieux» (en substance, pas illicite).
Mais lui, il dit les choses autrement, il jette les mots comme pour gagner une âme aux dés et la rafler à Luci-je sais tout-fer.
- « Non. Arrête. Ne t’excuse pas, ce serait comme de demander pardon d’être toi. J’aime tout en toi. Et ce tout là, c'est ma came. Sans ça, plus rien». Entre autres paroles de partage et d'amour comme des potions magiques, qui font remonter quelques larmes qui s’envolent comme des arcs-en-ciel (tiens, ça vole les arcs-en-ciel ? faut croire...) et laissent le trésor des Léprechauns au bord du canal lacrymal... Oui, bon, je vous l'accorde, le coup des pièces d'or, on oublie.
Dans ses cauchemars de fond de cale par jour de tempête elle en venait à se dire qu’elle donnerait tout pour ne pas le connaître, et donc pour ne pas tant souffrir de son absence. Croyez-moi, c’est vraiment qu’une conne. Et lâche en plus.
Ouhhh j’suis bien contente moi, de ne pas être comme ça.
PS : Avis aux âmes sensibles : le cochon d’Inde n’a pas vraiment mis ses p'tites menottes dans une prise électrique pour se faire un trip « les poipoils à la The Cure, c’est encore hype». Bien sûr que j’avais pris la précaution de mettre une petite pancarte devant avec un gros WARNING BAS LES PAPATTES pour petit rongeur pas bien malin.
Parce que ce ne sont pas les fabriquants de prises qui penseraient à ça... j’devrais leur faire un procès pas anticipation tiens.
19:25 Publié dans digressions | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note